Méthode d'analyse des mythes

Les éléments du modèle :

La croix,
qui représente la structure
Les diagonales,
qui introduisent la mobilité
Les neufs points,
qui représentent les extémités de chaque ligne et le centre

Le fonctionnement :

- Chaque point représente une étape dans le déroulement de l'action ou du récit.
- Le déroulement chronologique commence en 1 et se termine en 9.
- Les deux extrémités de chaque ligne sont en opposition. L'opposition représente le plus souvent une différence, qui marque la progression, plutôt qu'une contradiction radicale.
- Le sens émerge au fur et à mesure de la progression.


Grille d'analyse de la plante qui est au fond des eaux

Attention ! Si vous avez des difficultés à voir les grilles d'un seul coup d'oeil,
vous pouvez les visualiser au format word en appuyant sur :

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Premier temps : la structure

8

LE SERPENT SE GLISSE, DÉROBE LA PLANTE ET, À L'INSTANT, PERD SA VIEILLE PEAU


1

IL EXISTE UNE PLANTE QUI POUSSE AU FOND DES EAUX

 

7

GILGAMESH DESCEND POUR SE BAIGNER : UN SERPENT SENT L'ODEUR DE LA PLANTE ARRACHÉE AU FOND DE L'EAU


2

SON ÉPINE TE PIQUERA LES MAINS COMME FAIT LA ROSE

 

9

GILGAMESH S'ASSOIT ET PLEURE

 

6

CETTE PLANTE QUI PIQUE EST MERVEILLEUSE ; ELLE PERMET DE RETROUVER LA JEUNESSE ; JE LA PARTAGERAI AVEC LES GENS


3

SI TES MAINS ARRACHENT CETTE PLANTE, TU TROUVERAS LA VIE ÉTERNELLE

 

5

GILGAMESH SORT DU FOND DE LA MER AVEC LA PLANTE


4

GILGAMESH ATTACHE DE LOURDES PIERRES À SES PIEDS, DESCEND AU FOND DES EAUX ET PREND LA PLANTE QUI LUI PIQUE LES MAINS



Deuxième temps : les images

8


LA PERTE DE LA PLANTE
Le serpent la dérobe et perd sa vieille peau


1

LA PLANTE QUI EST AU FOND DES EAUX

 

7

GILGAMESH QUI RENTRE DANS LE PUITS ET LE SERPENT QUI SENT LA PLANTE

 


2

LA PLANTE QUI PIQUE

 

 

9

GILGAMESH QUI S'ASSOIT ET PLEURE

 

6

LA PLANTE QUI SERA PARTAGÉE


3

L'ARRACHEMENT (DE LA PLANTE), QUI DONNE LA VIE ÈTERNELLE

 

 

5

LA PLANTE SORTIE DES EAUX


4

LA PLONGÉE RISQUÉE (L'ALOURDISSEMENT) POUR RÉCUPÉRER LA PLANTE ET LA BLESSURE À LA MAIN




Analyse du sens

 

8

LA PAROLE RÉVÈLE LA FORCE DE MORT QUI FAIT FACE À L'HOMME POUR QU'IL L'INTÈGRE : C'EST LORSQU'ELLE ÉCHAPPE (DANS LA MORT) QU'ELLE ACQUIERT TOUTE SA FORCE


1

LA PAROLE QUI DONNE LA VIE ÉTERNELLE, CACHÉE À LA SOURCE

 

7

LA PAROLE DOIT S'INCARNER DANS CE QU'IL Y A DE PLUS ANIMAL EN L'HOMME : ELLE DÉVELOPPE LE SENTIR


2

LA PAROLE QUI EST À LA SOURCE PORTE LA MARQUE DE LA MORT

 

9

C'EST EN ACCEPTANT LA PERTE DE LA PAROLE, À TRAVERS LE PASSAGE PAR LA MORT, QUE L'HOMME PEUT ÉCOUTER ET PARLER VRAIMENT

 

6

LA PAROLE DE LA VIE ÉTERNELLE EST FAITE POUR ÊTRE PARTAGÉE : ELLE PERMET DE RETROUVER LA FORCE DE LA VIE


3

LA PAROLE SUSCITE UN ARRACHEMENT : ELLE PROVOQUE ET DIT LE MANQUE

 

5

LA PAROLE DE LA VIE ÉTERNELLE PERMET DE RENAÎTRE


4

IL FAUT S'ALOURDIR POUR RETOURNER À LA SOURCE ET PASSER PAR LA BLESSURE DE LA MORT POUR CUEILLIR LA PAROLE DE LA VIE ÉTERNELLE

 

 

Explicitation de l'émergence progressive du sens


1. La parole qui doit donner la vie éternelle est présentée sous la forme d'une plante

2. Pour accéder à cette parole, il est nécessaire de retourner à la source

3. Cette parole pique et blesse : elle porte la marque de la mort

4. Il faut l'arracher

5. En un sens, c'est l'arrachement lui-même, qui donne la vie éternelle

6. Autrement dit, la parole fonctionne lorsqu'elle suscite un arrachement, lorsqu'elle provoque et dit le manque

7. Pour aller la chercher à la source, l'homme doit accepter de s'alourdir

8. À travers la piqûre de la plante, il passe aussi par la blessure de la mort

9. Cette parole qui porte la marque de la mort permet de renaître (l'homme ressort de l'eau)

10. Elle est faite pour être partagée avec les autres

11. Mais elle doit aussi s'incarner

12. Elle s'incarne dans ce qu'il y a de plus animal en l'homme

13. À cette condition, elle développe le sentir (le serpent, qui représente la partie la plus archaïque de l'homme, sent la plante)

14. L'homme vit alors dans un tiraillement, qui l'oppose à lui-même

15. Dans sa peur, il lutte contre la force de mort qu'il croit extérieure à lui

16. Cette forme de dédoublement lui permet de la reconnaître et, dans le meilleur des cas, de l'intégrer

17. Il existe une connivence très étroite entre la force de mort et la parole

18. C'est lorsque la parole nous échappe (dans la mort) qu'elle fait apparaître toute sa force

19. La parole de la vie éternelle ne peut être possédée : en un sens, elle se reçoit

20. C'est en acceptant la perte de la parole, à travers le passage symbolique par la mort, que l'homme peut écouter et parler vraiment


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