
Horus...
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La naissance d'Horus
Alors Isis se réfugia à Bouto, la ville où elle était
née, au milieu des marais et des roseaux qui la protégèrent
contre les entreprises de Seth. Et, après elle, plus d'une fois, ces
mêmes marais et ces mêmes roseaux ont protégé aussi
le Pharaon contre les attaques de ses ennemis.
Isis veille, enceinte, chargée de la semence de son frère Osiris.
Elle se lève, la femme abandonnée, son cur se réjouissant
de la semence de son frère Osiris. Elle dit :
"Ô Dieu, je suis Isis, la sur d'Osiris, celle qui verse des
larmes pour le père des dieux, Osiris, celui qui fut le juge au temps
des troubles du Double Pays. Maintenant sa semence est à l'intérieur
de mon corps. J'ai assemblé la forme d'un dieu dans un uf, tel
le fils de celui qui préside à l'Ennéade; il régentera
ce pays, il succédera à Geb, il parlera pour son père et
massacrera Seth, l'ennemi de son père Osiris. Venez dieux ! Assurez sa
protection en mon sein! Connaissez en vos curs qu'il est bien votre maître,
cette divinité qui est encore dans son uf bleu en son aspect, seigneur
des dieux, plus grand et plus beau qu'eux, agitant ses deux plumes de lapis-lazuli."
- "Ah! " dit Rê-Atoum, "Que ton fils soit satisfait, ô femme ! Mais comment sais-tu qu'il s'agit bien d'un dieu, d'un maître, héritier des dieux primordiaux, alors que tu agis à l'intérieur d'un uf ?"
- " Je suis Isis, efficiente et sacrée plus que les autres divinités. Un dieu est à l'intérieur de mon corps, il est la semence d'Osiris."
Alors Rê-Atoum dit :
"Tu as conçu en te cachant cet enfant que tu portes mais tu accoucheras
auprès des dieux, car Il est la semence d'Osiris. Que ne vienne pas l'être
hostile qui a tué son père, afin de briser l'uf en sa jeunesse!
Qu'il redoute le dieu à la grande magie !"
"Ecoutez cela, ô dieux ", dit Isis.
"Rê-Atoum, le seigneur du château des faucons, a parlé.
A mon intention, il a ordonné que mon fils soit protégé
à l'intérieur de mon corps ; il a assemblé une garde autour
de lui en mon sein, car il sait qu'il s'agit bien de l'héritier d'Osiris.
La protection du faucon qui est moi est assurée par Rê-Atoum, le
maître des dieux.
Viens, sors sur la terre afin que je t'acclame et te loue, afin que les compagnons de ton père Osiris te suivent. J'établirai ton nom après que tu auras atteint l'horizon, ayant franchi les murailles du dieu au nom caché. Une force sort de l'intérieur de ma chair, après qu'une puissance ait attaqué mon sein ; la puissance atteint sa pleine vigueur, lorsque le Lumineux commence son voyage. Il (Horus) établit lui-même son siège, s'asseyant à la tête des dieux, dans le Collège du Démembré (Osiris), 0 mon fils Horus, installe-toi donc en ce pays pour ton père Osiris en ce tien nom de Faucon qui est sur les murailles du château du dieu au nom caché. Je demande que tu demeures dans la suite de Rê-Horakhty, à la proue de la barque du Primordial, pour le temps éternel et le temps infini."
Isis descend vers Celui qui est démembré, amenant Horus, afin de demander qu'il demeure aussi avec lui, telle une image divine pour le temps éternel.
- "Contemplez donc Horus, ô vous les dieux !"
- "Je suis Horus, le grand faucon qui est dans les murailles du château du dieu au nom caché. Mon essor a atteint l'horizon, je me suis éloigné des dieux du ciel et j'ai rendu ma place plus éminente que celle des Primordiaux. Même le dieu laaou ne peut atteindre mon premier envol. Ma place est loin de celle de Seth, l'ennemi de mon père Osiris. J'ai conquis les chemins du temps éternel et de la lumière. je m'élève grâce à mon essor. Aucun autre dieu ne peut accomplir ce que J'ai accompli. Je vais partir en guerre contre l'ennemi de mon père Osiris, je le placerai sous mes sandales en mon nom de Furieux. Car je suis Horus, qu'Isis a mis au monde et dont la protection a été assurée alors qu'il était à l'intérieur de l'uf. L'haleine ardente de votre bouche ne peut me blesser, pas plus que ne peut m'atteindre ce que vous dites à mon encontre. Je suis Horus, dont la place est loin des dieux et des hommes. Je suis Horus, le fils d'Isis."
Isis le mit au monde dans les marais du lac Burlos, non loin de Bouto dans le delta, où elle s'était cachée en un endroit qui s'appelle Chemnis, au milieu des grands roseaux. C'est là qu'elle le garda et l'éleva dans la solitude, sans que nul oeil ne sût où il était, pour le garder des entreprises et des attaques de Seth, le mauvais.
Tant qu'il fut en bas âge, il vécut tout nu, car il fait chaud
dans les marais du Nil, paré et vêtu seulement de ses colliers
et de ses bracelets, choisis pour leurs vertus magiques qui devaient écarter
les ennemis du petit enfant. Sa mère, accroupie sur la terre pour être
mieux cachée, le berçait sur ses genoux et le nourrissait de son
lait. Et elle lui chantait une chanson qui disait :
"Mon fils, Pépi, mon prince, prends mon sein, tète, mon prince,
pour que tu vives, mon prince, toi qui est petit, mon prince."
Et parfois, changé en épervier, il tètait sa mère
du bout de son bec.
Elle le nourrissait, comme elle se nourrissait elle-même, de graines contenues
dans la pomme du papyrus, ces grosses têtes larges et rondes qui se balancent
sur des tiges hautes de vingt-cinq pieds, plus grosses que le bras d'un homme.
De temps en temps, elle allait jusqu'à la ville passer toute la journée
qu'elle employait à mendier.
Elle demandait aux gens charitables quelque nourriture et le soir, à
son retour, elle prenait Horus dans ses bras, son enfant si beau, son petit
garçon en or.
Et, un soir, le cherchant parmi les papyrus et les roseaux, elle le trouva
sans vie, couché à terre. Le sol était trempé des
larmes qu'il avait versées et l'écume souillait ses lèvres.
Le petit coeur ne battait plus, les membres pendaient sans force et le corps
blême semblait un cadavre.
Isis, la déesse, poussa un immense cri de douleur qui perça le
silence, puis elle éclata en lamentations à haute voix, déplorant
sa nouvelle infortune. Horus mort, qui restait pour la protéger, pour
tirer vengeance de Seth, le méchant? Quand les gens du village le plus
proche entendirent ses cris, ils accoururent et partagèrent son affliction
; eux aussi se mirent à pleurer à grands cris, à gémir
bien haut. Mais si grandes que fussent leur sympathie et leur pitié,
ni leurs larmes, ni leurs cris ne pouvaient rendre la vie au divin Horus! Alors
une femme se détacha du groupe et vint tout près d'Isis, la mère
éplorée. Cette femme était bien connue dans le village
où elle possédait de grandes propriétés. Elle essaya
de consoler Isis, la réconfortant, et lui assurant qu'Horus pouvait être
guéri.
"Car, dit-elle, c'est un scorpion qui l'a piqué. Il a été
blessé par le reptile Aunab."
Isis, alors se pencha sur l'enfant pour vérifier s'il respirait encore ; elle vit la piqûre et, regardant de près, elle constata qu'il y avait du poison dans la plaie. Saisissant l'enfant dans ses bras, elle fit avec lui un bond (comme le poisson qu'on a déposé sur les charbons ardents), poussant des hurlements de douleur qui résonnèrent bien loin, bien loin, à travers l'espace... Au bruit de cette explosion douloureuse, la déesse Nephthys, la soeur d'Isis et d'Osiris, accourut, et elle aussi se lamenta et pleura amèrement, partageant le chagrin de la mère. Et arriva aussi la déesse des scorpions : Serquet/Selkis. Nephthis conseilla à sa soeur d'invoquer Ra, le dieu grand, et d'implorer son secours. Isis obéit. Elle cria, elle appela de toutes ses forces, elle hurla ses supplications désespérées et Ra, le dieu-Soleil, fit arrêter la course de sa barque divine : tout fut suspendu un instant sur la terre entière. Et le dieu Thot sortit alors de la barque et descendit à terre, Thot qui possède les charmes les plus puissants qui soient dans l'univers.
"Qu'y a-t-il ? Qu'y a- t-il, ô Isis, ô toi, la déesse
des sortilèges, toi dont la bouche sait prononcer les maîtres-mots
? Certainement, il n'est pas possible que le mal diabolique ait atteint l'enfant
Horus ? Car il est le protégé de Râ, le grand dieu. Rassure-toi,
j'ai quitté la barque divine pour venir guérir ton fils."
Ainsi Thot dissipa l'angoisse du coeur maternel, car il apportait les remèdes
et la guérison. Se tournant vers l'enfant inanimé, il commença
à réciter ses formules magiques, disant :
"Eveille-toi, Horus ! Réjouis le coeur de ta mère Isis, et
permets à nos coeurs de partager sa joie La barque royale de Râ,
le grand dieu, s'est arrêtée dans sa course pour le salut d'Horus
et de sa mère Isis. Poison, descends dans la terre! C'est la volonté
des dieux que moi, Thot, je guérisse l'enfant Horus, que je le sauve
pour la consolation de sa mère. Ô Horus! ô Horus! réveille-toi
! tu dois vivre pour ta mère."
Et le petit enfant Horus revint à la vie pour la plus grande joie de
sa mère. Alors Thot remonta dans sa barque des milliers d'années,
qui reprit aussitôt sa course majestueuse, et, d'un bout du ciel à
l'autre, tous les dieux se réjouirent dans leur coeur.
Rendu à la vie, Horus continua de grandir, caché parmi les roseaux
et les papyrus géants ; il apprit à lire dans les livres et il
étudiait sur un rouleau de papyrus étalé sur ses genoux,
pour apprendre à déchiffrer les signes sacrés. Il grandit
ainsi et Osiris revint une fois sur la terre pour armer son fils et le préparer
aux combats. Il lui demanda :
"Qu'est ce qui doit être estimé la plus belle action dans
la vie d'un homme ?"
Et Horus répondit sans hésiter :
"Venger son père et sa mère de ceux qui leur ont fait du
mal."
Alors Osiris résolut d'offrir à son fils le secours d'un animal
pour l'aider dans les combats, et il dit à Horus de choisir son compagnon
de bataille entre le lion et le cheval. Et Horus préféra le cheval
"parce que, dit-il, le lion est bon contre les lâches, mais le cheval
permet à son cavalier de poursuivre l'ennemi."
Alors Osiris, rassuré, retourna vivre paisiblement dans l'autre monde.
Horus se consacra tout entier au rôle de vengeur de son père. Il
chaussa des sandales blanches pour traverser le pays. Il réunit autour
de lui les Égyptiens restés fidèles à Osiris et
rassurés depuis qu'ils avaient pour chef son propre fils ; on les nomma
tantôt les survivants d'Horus et tantôt les serviteurs d'Horus.
Ils comptent parmi eux des guerriers armés d'arc, des guerriers armés
du boomerang conduits par le loup Ouponat / Oupouaout, dont l'insigne est traversé
d'une massue.
Ils ne perdirent pas de temps pour attaquer les conjurés de Seth. Ceux-ci,
surpris par l'attaque, se métamorphosèrent en gazelles, hippopotames,
crocodiles, porcs sauvages, puis en serpents, tous animaux impurs et dévoués
à Seth.
Vaincues, les hordes de Seth se retirèrent vers le Nord. Mais elles revinrent
à la charge et l'on vit, dans une terrible mêlée, s'affronter
les boeufs d'Horus et les ânes de Seth. Horus, le magicien, était
le premier au combat. Un jour, il s'était métamorphosé
en épervier pour s'abattre sur l'échine d'un hippopotame qui n'était
autre que Seth. Mais celui-ci, forcé dans son gîte, se changea
en gazelle et disparut avant qu'Horus, devenu faucon, ne pu le saisir.
Un autre jour il prit, pour effrayer son ennemi, la forme d'un lion à
tête humaine, et dont les griffes étaient tranchantes comme des
couteaux. Mais Seth s'échappait toujours...
Trois jours durant, les chefs se battirent sans résultat, hommes d'abord,
puis hippopotames, et la bataille continuait, corne à corne.
La guerre ne finit jamais ; le combat continuait sans qu'aucun ne fût
vainqueur, si bien que les dieux appelèrent les deux rivaux devant leur
tribunal, et tous deux convinrent d'accepter comme arbitre Thot, seigneur d'Hermopolis.
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Lien
pour les mythes égyptiens